"La Couronne d’Hercule"

vendredi 1er décembre 2006.
 

Le 18 novembre 2006, à la Sorbonne, Mme Catherine LANGLOIS-PEZERET a été reçue Docteur de l’Université avec mention Très Honorable et les Félicitations du jury après la soutenance de sa thèse :

« Etienne Dolet, les CARMINA OU LA COURONNE D’HERCULE » .

La thèse de Catherine Pézeret est l’édition, la traduction et l’étude littéraire des Carmina, 196 épigrammes latines publiées en 1538 à Lyon.

Carminum Libri Quatuor - Lyon, Sébastien Gryphe pour Etienne Dolet, 1538 - 48.2 ko

Carminum Libri Quatuor - Lyon, Sébastien Gryphe pour Etienne Dolet, 1538

Cette thèse est un travail « considérable » selon le mot du Président du jury qui ne parlait pas seulement des 946 pages de la thèse elle-même ! « Considérable » par l’approfondissement qu’elle apporte à la connaissance de l’humaniste. Les Amis d’Etienne Dolet s’en réjouissent et en feront leur profit. Ils sont d’autant plus reconnaissants à Mme Pézeret qu’elle leur offre la première thèse que l’Université française - et en Sorbonne - ait consacré à l’homme que les docteurs de la faculté de théologie de cette même Sorbonne en 1546 avaient voué au bûcher . Nul doute que cette thèse tombe à point et va compter. Mme Pézeret a déjà sa place dans le Colloque Universitaire International, qui sera organisé en 2009 par Lyon II , pour marquer le 500ème anniversaire de la naissance de Dolet.

La Doloire ne manquera pas, à l’avenir, de publier de « bonnes pages » de la thèse dont Mme Pézeret nous a remis généreusement une copie. Pour ce numéro, nous nous contenterons d’un bref extrait et de la traduction d’un poème

« Pourquoi ce sous-titre de « La Couronne d’Hercule », beau compliment pour Dolet ?

« J’ai voulu éditer les épigrammes d’Etienne Dolet, poète méconnu et parfois injustement décrié [...] On pourrait plutôt le nommer l’Hercule de la poésie néo-latine française : il s’assimile lui-même volontiers à cette figure mythologique ; son destin, d’ailleurs, l’a mené à mourir sur le bûcher, comme l’Alcide dans sa tunique de Nessus ; mais surtout [...] il cherche, audacieux comme son emblème, à pratiquer des formes nouvelles [...] à la variété exceptionnelle [...] ; il est aussi l’audacieux promoteur d’une esthétique laïque, affranchie du carcan de la religion chrétienne, et parfois un peu frondeuse. » ( p. 32)

L’Université de la Sorbonne - Paris - 56.5 ko

L’Université de la Sorbonne - Paris

« AU LIVRE »

« Livre, si on cherche l’occasion de te calomnier,

En t’accusant de prononcer tantôt un mot trop libre

Tantôt trop sensuel, tantôt un mot plus chaste

Et plus austère, quand tu rejettes

Les grâces d’un génie plus souriant, dis à Zoïle

Ou à n’importe quel autre détracteur

Que je suis homme de toutes les heures et que je me plie

A n’importe quel genre de vie :

Pas plus stoïcien qu’épicurien, si le cas s’y prêtait.

VIVRE LIBRE, C’EST VIVRE. »

Note de la traductrice : « Ce dernier distique ( le vers 10) résonne comme la profession de foi d’un philosophe désireux de s’affranchir de tout carcan idéologique ... »


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